L'artiste

Démarche Artistique

Basé dans le Blayais, en Nouvelle-Aquitaine (France), je développe une pratique où la peinture, le textile et la sculpture fusionnent progressivement en un langage visuel unique. Inspiré par les paysages de l'estuaire de la Gironde, mon œuvre explore les relations entre matière, lumière et couleur à travers une démarche sculpturale en constante évolution.
Le textile est devenu le matériau central de ma pratique. Fibres naturelles, tissus, filets de pêche, cordages et textiles de récupération sont assemblés, rigidifiés et entièrement peints à l'huile. Loin de simplement recouvrir la surface, la couleur révèle les plis, les tensions et les textures inscrits dans la matière, transformant chaque fragment en un volume pictural.
Bon nombre de ces matériaux portent déjà en eux les traces d'usages antérieurs, de voyages et d'histoires humaines. Certains ont traversé divers contextes sociaux, culturels ou économiques avant d'intégrer l'œuvre. Je m'intéresse à leur capacité à préserver la mémoire — non pas comme de simples documents, mais comme des présences physiques capables de révéler des liens invisibles entre les personnes, les lieux, les cultures et les histoires.
Mes œuvres naissent d'un dialogue entre structure et spontanéité. Elles peuvent évoquer des paysages, des formes organiques ou des vestiges archéologiques sans pour autant basculer dans la figuration. Elles invitent le spectateur à circuler entre surface et profondeur, peinture et sculpture, fragilité et permanence.
Cette recherche se déploie aujourd'hui au-delà du cadre et du mur, à travers des œuvres tridimensionnelles et des installations où matière, espace et expérience du spectateur deviennent indissociables. Plus qu'un changement d'échelle, cette évolution ouvre un nouveau champ d'expérimentation : comment la matière peut-elle devenir espace, mémoire et expérience partagée ?

De la peinture à l'espace ...

De la figuration à l'abstraction

Après une formation classique en Belgique, puis une approche plus libre de la création à l’Atelier des Beaux-Arts de la Ville de Paris, mon travail s’est progressivement éloigné de la représentation. Mes premières recherches m’ont conduit vers une peinture naïve, dans laquelle je commençais déjà à détourner les règles de la perspective et à libérer les formes de leur rapport au réel. Mais très vite, cette liberté m’a amené plus loin : vers l’abstraction. L’abstraction a constitué une étape déterminante dans mon parcours. Elle m’a permis de ne plus construire l’image à partir de ce que je voyais, mais à partir de la couleur, du mouvement, des tensions et des équilibres qui se créaient directement sur la toile. Peu à peu, les formes se sont effacées au profit de paysages imaginaires, d’espaces indéterminés et de compositions où la couleur pouvait devenir le sujet même de la peinture. Avec le temps, cependant, la couleur seule ne m’a plus suffi. J’ai commencé à travailler davantage l’épaisseur de la peinture, les empâtements, les irrégularités et les accidents de surface. La matière n'était plus seulement un moyen de peindre : elle commençait à participer à la construction de l'œuvre. Cette évolution allait progressivement modifier mon rapport à la toile. La surface plane devenait un espace à transformer, à creuser, à épaissir. De cette recherche est née l'envie d'introduire d'autres matières dans la peinture, puis de leur donner une place toujours plus importante. C'est ainsi que, presque naturellement, la peinture a commencé à quitter le plan pour entrer dans le volume.

Sculptural Painting : De la peinture à la sculpture

À mesure que la matière prenait une place plus importante dans mon travail, la surface plane de la toile ne me suffisait plus. Je ne cherchais plus seulement à créer l’illusion du relief par la peinture : j’éprouvais le besoin que ce relief existe réellement, qu’il modifie physiquement la surface de l’œuvre et sa relation à la lumière. J’ai alors commencé à introduire différents matériaux directement sur la toile. Tissus, fibres, cordes, filets ou éléments récupérés sont assemblés, superposés, plissés ou tendus afin de construire des volumes. Fixés au gesso puis rigidifiés, ils deviennent partie intégrante de l’œuvre et transforment progressivement la toile en une surface sculptée. La peinture intervient ensuite. Elle ne vient pas simplement recouvrir ces matériaux : elle les transforme et les unifie. Principalement à l’huile, souvent préparée à partir de pigments que je mélange moi-même, elle pénètre dans les plis, souligne les tensions, révèle les creux et les reliefs. La lumière réelle qui rencontre ces surfaces devient alors elle aussi un élément de la composition. Cette manière de travailler a profondément modifié mon processus de création. Je ne pars plus nécessairement d’une image ou d’une composition préétablie. Je choisis les matériaux pour leur texture, leur souplesse ou leur rigidité, leur transparence ou leur opacité, puis je les confronte les uns aux autres. L’œuvre se construit dans la recherche d’un équilibre — ou parfois d’un déséquilibre volontaire — entre formes, matières, couleurs et lumière. C’est à cette pratique située à la frontière de la peinture et de la sculpture que je donne le nom de Sculptural Painting. Mais cette évolution a également changé mon regard sur les matériaux eux-mêmes. Le textile, d’abord utilisé comme l’un des éléments permettant de construire le relief, s’est progressivement imposé par la diversité de ses structures et par sa capacité à conserver les traces d’un usage, d’un geste ou d’une histoire. Filets, toiles, cordages, tissus et fibres ne constituaient plus seulement le support de la peinture : ils devenaient porteurs de leur propre langage. À partir de là, une nouvelle étape devenait possible : le textile pouvait s’émanciper de la toile et devenir l’œuvre elle-même.

Fiber Art

Dans le Sculptural Painting, le textile était d’abord entré dans la peinture pour en transformer la surface et créer du relief. Peu à peu, sa présence s’est imposée jusqu’à devenir un élément essentiel de mon travail. Je me suis alors intéressé au textile pour ce qu’il est, autant que pour ce qu’il permet de construire. Chaque matière possède son propre comportement : la souplesse d’un tissu, la rigidité d’une toile de jute, la transparence d’un filet, la tension d’une corde ou la fragilité d’une fibre déterminent en partie la forme que prendra l’œuvre. Je choisis ces matériaux pour leur texture, leur tenue, leur finesse ou leur rugosité, leur capacité à absorber la lumière ou au contraire à la laisser traverser. Je les assemble, les superpose, les plie ou les mets en tension jusqu’à trouver un équilibre entre les formes — ou parfois un déséquilibre volontaire. Une grande partie de ces textiles et matériaux sont récupérés. Ils ont déjà eu une fonction, connu des manipulations, des déplacements, parfois une longue période d’usage. Leurs plis, leurs irrégularités, leurs usures ou leurs déchirures constituent une mémoire matérielle que je ne cherche pas nécessairement à effacer. En les intégrant à une œuvre, je leur donne une nouvelle existence sans faire totalement disparaître la précédente. La peinture reste pourtant indissociable de ma démarche. Une fois les matières assemblées et rigidifiées, je travaille principalement à l’huile, avec des couleurs que je prépare à partir de pigments. Peindre une surface textile est très différent de peindre une toile plane : il faut suivre ses plis, pénétrer ses creux, contourner les fibres et accompagner les accidents de la matière. C’est un travail lent dans lequel la couleur ne recouvre pas simplement la forme : elle la révèle et la transforme. Progressivement, le rapport entre peinture et textile s’est ainsi inversé. Le textile n’était plus une matière ajoutée à la peinture : il devenait le point de départ de l’œuvre. Cette évolution m’a également amené à travailler davantage avec le vide, la transparence et la lumière. Un filet peut laisser apparaître ce qui se trouve derrière lui ; une corde peut dessiner une ligne dans l’espace ; une matière ajourée peut projeter une ombre et modifier sa perception selon le point de vue. L’œuvre ne se limite alors plus à sa propre surface : elle commence à dialoguer avec l’espace qui l’entoure. C’est à partir de cette recherche que mes formes ont progressivement quitté le cadre et le mur. Le textile pouvait désormais se développer librement, devenir volume et occuper l’espace. De matériau de la peinture, il était devenu matière de l’œuvre.

Les Installations

Avec Schuhe Aus!, j’ai commencé à explorer une autre manière de penser mon travail : non plus seulement créer un objet destiné à être regardé, mais imaginer une œuvre capable d’investir un lieu et de modifier, même temporairement, la manière dont on le perçoit. L’installation m’offre un territoire de recherche particulièrement libre. Elle me permet de travailler avec l’espace, l’échelle, la lumière, le vide, le déplacement du visiteur et les caractéristiques propres à chaque lieu. L’œuvre n’est plus nécessairement contenue dans un cadre ou définie par ses seules limites physiques : elle peut se développer autour du spectateur et l’inviter à changer de point de vue, à contourner, traverser ou pénétrer l’espace qu’elle crée. Cette pratique prolonge naturellement mes recherches autour du textile et de la matière, mais elle m’autorise aussi à aller au-delà. Les matériaux peuvent changer d’échelle, être suspendus, accumulés, dispersés ou mis en tension. Ils peuvent dialoguer avec l’architecture, apparaître pour la durée d’une exposition puis disparaître ou se recomposer ailleurs. Cette dimension éphémère m’attire particulièrement. Elle libère la création de la nécessité de produire un objet permanent. Une installation peut exister pleinement pendant quelques jours ou quelques semaines, puis ne subsister qu’à travers des images, des fragments ou la mémoire de ceux qui l’ont traversée. Cette temporalité me permet d’aborder chaque projet comme une expérimentation. Je peux privilégier le geste, l’expérience et la relation au lieu sans que la conservation, le format ou la possibilité de posséder l’œuvre déterminent sa conception. Cette liberté ouvre un champ de recherche presque illimité. Elle transforme également la relation avec le spectateur. Face à une peinture, celui-ci reste généralement extérieur à l’œuvre. Avec l’installation, il partage son espace. Son déplacement, sa distance, son regard et parfois même son corps participent à la perception de l’ensemble. L’œuvre n’est jamais tout à fait la même selon l’endroit depuis lequel elle est découverte. De Schuhe Aus! aux installations monumentales qui ont suivi comme Fiberhenge, cette recherche marque pour moi une nouvelle étape : après avoir fait sortir la peinture de la toile, puis le textile du mur, je cherche désormais à faire entrer le spectateur dans l’œuvre.

Mon dossier d'artiste

Retrouvez l’ensemble de mon parcours, mon CV et une sélection de mes travaux dans mon dossier d’artiste.

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